Maintenant, oui, j'ai vu !

Publié le par assofadjen

Je suis en Espagne à une manifestation anti corrida.
J'y suis allé pour soutenir nos amis espagnols dans la lutte anti-corrida, mais aussi pour exporter l'image de Fadjen au-delà des frontières.

Car oui la communication sur Fadjen passe aussi par là.

Mais ce que ne savais pas, c'est qu'aujourd'hui il y a une corrida. Nous sommes devant les arènes pour une manifestation silencieuse. Silence, c'est le mot d'ordre si nous voulons rester devant.

Les espagnols étaient contents de me voir. Fadjen a vraiment pris une place importante dans la lutte, même en Espagne.

La manif s'est déroulée dans le calme, malgré quelques aficionados perturbateurs, nous saluant avec des bras d'honneur. Le tout s'est fini avec un contrôle d'identité de la dîte personne.

La corrida a débuté et le calme est revenu dans la rue.

Mais j'ai fait ce que je n'aurais pas dû faire.
J'ai contourné les arènes. Je suis passé derrière. Il y avait un camion benne. Et vous devinez ce qu'il y avait dedans...... Des taureaux morts. Deux......

Je les ai regardés. Je voyais Fadjen à travers eux. Il y avait du sang partout et un peu qui sortait de leurs blessures.
Ils étaient là, juste sous mes yeux. Ceux-là je n'avais pas pu les sauver.
J'ai avancé ma main vers la cuisse de l'un d'eux. Je n'ai pas pu m'empêcher de le toucher.
Le contact sous ma main était le même que celui avec Fadjen. Seulement ce taureau-là  était froid.
Mes larmes ont commencé à couler. J'ai éclaté en sanglots. Je crois vraiment qu'à partir de là j'ai réalisé à quoi a échappé Fadjen.
Un gosse me regardait, mais n'avait pas l'air de comprendre.
Je suis resté comme ça à pleurer pendant un temps infini, avec la main sur ce taureau.

Un autre taureau était encore dans l'arène.
Alors j'ai été voir. Je crois que je n'étais plus à ça prêt.
Il avait eu les banderilles, et il avait droit encore à quelques passes avant le tercio final.

C'est d'une tristesse pitoyable. Il n'y a rien. Rien de rien. Il faut sans cesse appeler le taureau. Toujours maîtriser ses mouvement sinon, il se tire. Ça se voit......
Comment se fait-il que les gens ne voient pas ça? Comment peuvent-ils se faire berner à ce point?

Le moment de la mise à mort est venu. Le taureau prendra deux fois l'épée et ne mourra pas tout de suite. Les péons ont commencé à le travailler à droite puis à gauche avec la muleta pour que l'épée fasse son travail à l'intérieur du taureau. A un moment le taureau s'est prit les cornes dans le tissus. L'étoffe pendait d'une de ses cornes. Le public s'est mit à rire. Comment ils appellent ça déjà ? ? ? ? Ah oui, le "respect" et "mourir avec honneur".

Maintenant, OUI j'ai vu ! ! ! ! 

                                                                                      Christophe Thomas, le 1er août 2012

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